Dali et le Baby-Boomeur

Pendant les années 70, si ma mémoire ne me trahit pas, j’ai découvert le grand peintre Salvador Dali. A l’époque, je fuyais comme la peste les émissions culturelles – aujourd’hui aussi. Je ne m’attendais pas à voir à la télévision un homme avec des moustaches aussi ridicules que celles d’Hitler ou Napoléon III, déclamer avec force : «  Je suis fou du chocolat Lanvin. »

Plus tard, je fréquentais les endroits branchés – mais le mot n’existait pas encore – les lieux comme Castel où Jean nous accueillait avec tellement de gentillesse, ou Régine rue de Ponthieu, plus moyen-oriental dans le débordement de parures d’or et de diamant portées par de jolies femmes très accueillantes.

Je rencontrai Amanda Lear, l’égérie de Dali. Je ne lui ai jamais parlé, mais je la vis se mouvoir dans les tenus les plus sexys. A l’époque, nous nous posions tous la même question : homme ou femme ? Son visage permettait toute extrapolation. Peut-être le grand «  masturbateur » aurait-il pu nous donner une réponse. J’ai gardé associer cette belle artiste au peintre, allez savoir pourquoi !!

J’ai une seconde image de Dali en tête : un homme avec un bonnet de nuit que j’ai vu dans un magazine. Ce qui reste dans ma mémoire c’est le rythme de sa voix, saccadée comme le bruit d’une mitrailleuse dans les rues de Barcelone pendant la guerre civile espagnole. Une espèce de Malraux sans mouvements extravagants du visage.

J’ai découvert sa peinture plus tard, après son anagramme «  Avida Dollars ». Cet homme de la société du spectacle chère à Debord, avait réussi à se faire connaître d’une génération davantage par ses excentricités que par son talent. Son titre de marquis vint couronner le pitre plus que le génie de la peinture. J’ai beaucoup aimé le tableau de Gala vue de dos regardant à travers une fenêtre. Cette œuvre m’a toujours ravi. Elle est d’une simplicité déconcertante.

Image
Salvador Dali, Gala nue vue de dos, 1960.
Huile sur toile, 42 x 32 cm.
Fondation Gala-Salvador Dalí, Figueras.

Plus tard lorsque j’allais déjeuner avec Gilles Neret, l’auteur d’un monumental ouvrage sur Dali, j’ai découvert un homme qui ne correspondait guère à son image télévisuelle. Et si derrière ses pantalonnades se trouvait un véritable créateur ? Dali était un peintre à l’imaginaire sans frontières.

Il est peut-être temps de redécouvrir le travail de ce touche à tout qui nous laisse une œuvre déconcertante. Entre le chocolat Lanvin et les dollars, il y a le Centre Pompidou, dans lequel a lieu la première rétrospective Dali depuis trente ans, du 21 novembre au 8 janvier 2013. Vous pouvez aussi parcourir le livre Dali de Victoria Charles présentant sa vie et ses chefs-d’œuvre.

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