Instantanés de l’Amérique.

Pour lutter contre les effets de la grande dépression des années 30, le gouvernement Roosevelt a mis en place le New Deal. Ce projet avait pour but de protéger et d’encourager au mieux les couches les plus pauvres de la population.

Bien entendu, les artistes et les arts-visuels ont également fait l’objet d’un projet de stimulation économique avec le Federal Arts Projects développé par l’agence Work Projects Administration. Le F.A.P est à l’origine de plus de 100.000 œuvres, peintures, fresques, dessins ou encore affiches, réalisées par plus de 100 artistes entre 1935 et 1943 et constitue pratiquement la seule production artistique de cette période.

Ce contexte de crise, mais aussi d’entre-deux guerres particulièrement instable, générait des questionnements nouveaux parmi la population. Des artistes faisant parti du projet F.A.P, tel que Pollock, Abbott, Krasner, Wood, Gorky, Reinhardt, Gottlieb, Welles, ou Rothko, mais aussi des artistes du Précisionnisme vont rapidement montrer un intérêt pour la réalité de la vie américaine.

Gauche: Berenice Abbott, Talman Street between Jay and Bridge Streets, Brooklyn, 1936, Museum of Modern Art, New-York. Droite: Berenice Abbott, Wheelock House, 661 West 158th Street, Manhattan, 1937, Museum of Modern Art, New-York.
Gauche: Berenice Abbott, Talman Street between Jay and Bridge Streets, Brooklyn, 1936, Museum of Modern Art, New-York.
Droite: Berenice Abbott, Wheelock House, 661 West 158th Street, Manhattan, 1937, Museum of Modern Art, New-York.

Véritable icône de cette période, Edward Hopper, malgré ses voyages en Europe entre 1906 et 1910 ne s’intéresse pas aux mouvements d’avants garde de l’époque et construit progressivement un style qui lui sera propre, composé de paysages et de figures isolées dans des intérieurs désert. Ses toiles sont imprégnées d’une poésie mélancolique et bucolique loin des tourments artistiques du cubisme européen.

Edward Hopper, Gas, 1940, huile sur toile, 66.7 x 102.2 cm, Museum of Modern Art, New-York.
Edward Hopper, Gas, 1940, huile sur toile, 66.7 x 102.2 cm, Museum of Modern Art, New-York.

En parallèle au F.A.P, la montée du nazisme pousse les artistes européens à s’exiler à New-York. Parmi eux se trouvent Chagall, Duchamp, Breton, Masson, Tanguy, Léger, Ernst, Lamba, Lipchitz, ou Mondrian. De Paris, la scène artistique internationale est donc transférée à New-York.

Cet exil forcé va être vécu différemment selon les artistes. Certains, comme Roberto Matta seront en contact avec les artistes présents à New-York. André Breton va également parcourir les États-Unis et visiter des réserves indiennes. D’autres artistes, comme André Masson, courent se réfugier en France dès la libération en 45. Dans tous les cas, cette mutation de la scène artistique va donner un élan nouveau aux artistes à New-York. La présence de ces artistes, au même titre que la crise des années 30, va avoir un impact sur la production artistique et les débuts de l’expressionisme abstrait au sein duquel vont se développer deux courants : l’Action Painting et le Colorfield Painting.

L’Action Painting est bien connue et nous fait immédiatement penser à Jack the Dripper tournant autour de sa toile faisant dégouliner, goutter ou gicler la peinture. Le refus de la perspective du Colorfield painting, transforme les paysages en grandes bandes de couleurs unies, aux contours nets ou dégradés. Moins connu ou reconnu, le Colorfield painting est, d’un point de vue esthétique, bien opposé à la technique du all over, comme on peut le voir ici :

Gauche: Jackson Pollock, Shimmering Substance, 1946, 76.3 x 61.6 cm, Museum of Modern Art, New-York. Droite: Mark Rothko, No. 5/No. 22, 1949, 297 x 272 cm, Museum of Modern Art, New-York.
Gauche: Jackson Pollock, Shimmering Substance, 1946, 76.3 x 61.6 cm, Museum of Modern Art, New-York.
Droite: Mark Rothko, No. 5/No. 22, 1949, 297 x 272 cm, Museum of Modern Art, New-York.

Par définition, toute cette première moitié du XXe siècle constitue une période durant laquelle les artistes américains vont expérimenter, s’intéresser au monde les entourant. Ils sont soutenus par les institutions officielles, et sont sous l’influence des artistes européens, parfois pour mieux s’en éloigner, et ainsi créer une identité plastique nouvelle.

Vous avez pu le constater, toutes les œuvres présentées ici appartiennent au Museum of Modern Art à New-York. Au-delà de son influence actuelle sur l’art contemporain et la scène artistique internationale dans son ensemble, le MoMA a également eu un rôle primordial dans la construction de l’École de New-York. Le musée a ouvert ses portes en 1929, un an avant la mise en place du F.A.P. Le MoMA avait pour objectif dès son ouverture de devenir la première référence au monde en matière d’art contemporain (Il est important de souligner ici que le modernisme américain ne correspond pas à notre moderne, mais à notre contemporain, l’art moderne français étant compris entre le XVIIe et le XIXe siècle). Ce parti pris montre la volonté de construire et de développer une avant-garde américaine pouvant rivaliser avec les avant-gardes européennes.

L’exposition thématique American Modern : Hopper to O’keeffe, au MoMA, à l’aide des œuvres puisées de sa propre collection, revient sur la fascinante évolution sociologique des États-Unis de 1915 à 1950. Le livre publié par Parkstone International sur Edward Hopper donne également à travers l’Œuvre complète de l’artiste, un aperçu de cette histoire de l’art américaine de la première moitié du XXe siècle.

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