Un matin dans le métro parisien

7h42. Ligne 13 direction Saint-Denis, station Saint-Lazare. Le quai est bondé, je dois laisser passer trois rames avant d’enfin monter dans le métro. Une fois à l’intérieur du wagon, je joue collé-serré avec les quinze passagers agglutinés autour de la barre en métal. Il fait une chaleur infernale, les gens transpirent sous leurs manteaux d’hiver. Je suffoque. La climatisation n’existe pratiquement pas dans les souterrains de Paris…

Les stations défilent mais le train ne désemplit pas. Je ne sais pas où poser mon regard. Surtout, éviter de croiser celui des autres. Ne pas sourire non plus (ça fait louche). Prier pour que ça passe vite et qu’il n’y ait pas de colis suspect sur la ligne. Je lève les yeux au ciel, qui me semble d’ailleurs bien loin, et je lis avec attention les publicités collées entre les néons. J’aimerais tant être ailleurs.

Une place assise se libère. Je fonce avant que quelqu’un d’autre ne la repère (ici, c’est la guerre). J’ouvre mon sac, je peux enfin sortir mon bouquin. Aujourd’hui j’ai pris Turner. Je crois que c’est un de mes préférés. Je tourne les pages et plonge dans la peinture. Mon imagination s’empare de mon corps et je me plais à rêver que je suis sur le pont du Téméraire lors de son dernier voyage. Je suis à nouveau dans ma bulle, tout va bien, le métro file. Soudain, une désagréable sonnerie m’extirpe de ma lecture. Terminus, tout le monde descend. Dommage, je serais bien restée là, avec mon livre. Je le glisse dans mon sac et quitte le métro. Demain, je prendrai Michel-Ange ; j’ai hâte de voir si la Sixtine me transporte autant que les coups de pinceaux du British.

Joseph Mallord William Turner, Le Dernier Voyage du Téméraire, 1839. Huile sur toile, 90,7 x 121,6 cm. National Gallery, Londres.
Joseph Mallord William Turner, Le Dernier Voyage du Téméraire, 1839.
Huile sur toile, 90,7 x 121,6 cm.
National Gallery, Londres.

Les plus grands artistes des siècles passés sont à portée de main grâce à la collection Art Gallery publiée par Parkstone International. Dix livres pour dix artistes, en format poche, à ranger dans une boîte en carton rigide : l’idéal pour laisser son imagination s’évader le temps d’un trajet de métro par exemple.

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