Le Verrou. vers 1777. Huile sur toile, 74 x 94 cm. Musée du Louvre, Paris.

Fragonard: Libertinage et érotisme au XVIIIe siècle

Goût de la séduction, plaisirs de la vie, liberté sexuelle… bienvenue dans le XVIIIe siècle, ou la pudeur laisse place à l’expression du désir ! Après la mort de Louis XIV en 1715, les mœurs changent et la tendance à parler, écrire, représenter, en somme à dévoiler les plaisirs de la vie se développe. Le libertinage, déjà bien ancré dans la société depuis le XVIIe siècle devient alors un genre littéraire particulier. Laclos et ses Liaisons dangereuses, Mirabeau ou encore le maître de la pensée libertine j’entends le Marquis de Sade, publient des œuvres purement érotiques, représentant l’extrême de la pensée libertine.

L’Amant couronné. Série Les Progrès de l’amour, 1771-1772. Huile sur toile, 317,8 x 243,2 cm. The Frick Collection, New York.
L’Amant couronné.
Série Les Progrès de l’amour, 1771-1772.
Huile sur toile, 317,8 x 243,2 cm.
The Frick Collection, New York.

Cette tendance touche également  le monde de la peinture. L’œuvre d’art libertine devient un acte de la conscience libre. Bonheur, gaieté, vitalité, on aime peindre les jeux amoureux et les loisirs campagnards de manière poétique et raffinée, d’où le nom de fêtes galantes, initiées par Antoine Watteau et François Boucher et typiques de l’esprit rococo.

La séduction devient un art complexe que l’on entreprend par défi, désir ou encore amour-propre. Fragonard semble être l’artiste qui illustra le mieux cette « tendance ». Avec ses danseurs, ses dames, ou encore ses bergers en pleine rencontre amoureuse ou en train de se courtiser il est le premier peintre à représenter l’attirance sexuelle. Ses mises en scènes grivoises et coquines à travers lesquelles sont mêlés beauté, jeunesse, désir mais aussi érotisme et sexualité sont dotées d’une touche d’espièglerie, d’un humour tendre et d’une joie de vivre qui lui sont propre. Le Verrou, œuvre phare de l’artiste représente l’exemple type de cette représentation de l’attirance sexuelle et de la scène galante ; un couple enlacé qui lutte pour ou contre le désir, cette passion entre amant et maîtresse, un nombre conséquent de symboles érotiques, le lit évoquant la scène d’amour non-représentée, la pomme, fruit défendu et amour libertin ou encore le verrou, symbole du sexe masculin.

Le Verrou. vers 1777. Huile sur toile, 74 x 94 cm. Musée du Louvre, Paris.
Le Verrou.
vers 1777.
Huile sur toile, 74 x 94 cm.
Musée du Louvre, Paris.

Bien que Fragonard s’essaya également au paysage, à la peinture d’histoire, au dessin ainsi qu’à la gravure, ses toiles sur l’évocation du plaisir restent les plus célèbres et font de lui le maître de l’érotisme et de la grivoiserie au XVIIIe siècle.

Pour en savoir davantage sur cet artiste espiègle et libertin, il vous suffit de consulter le livre Fragonard, publié par Parkstone International ou bien de vous rendre au musée du Luxembourg du 16 septembre au 24 janvier 2016.

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