Vincent Van Gogh, Portrait de l'artiste, 1887. Huile sur toile 44cm × 35,5cm. Musée d'Orsay, Paris.

Autoportraits du musée d’Orsay : les sex-symbols d’hier

« Des autoportraits de peintres datant de la fin du XVIIIe au début XIXe ? Pourquoi faire ? »

– Ne soyez pas si sceptiques ! Oui vous connaissez pour les plus fameux d’entre eux, les œuvres phares ; les Nymphéas de Monet ainsi que ses soleil, les Tournesols de Van Gogh, les vahinés de Gauguin… Admirables n’est-ce pas ?! Mais qu’en est-il de l’Homme, l’observateur, l’amoureux, celui qui répand les couleurs sur sa palette, celui qui tient son pinceau, qui le mâchouille ardemment ou le suçote peut-être ?

On vous a donné les grandes lignes de leurs vies, les anecdotes sulfureuses, folles ou parfois aussi captivantes que le voyage d’un hamster en solitaire dans sa roue… ? Fort bien, vous n’apprécierez que davantage ce que l’artiste face à lui-même a vu, a souhaité céder à la postérité, ce qu’il a laissé voir, croire, n’a pas pu cacher. Car c’est peut-être là que sa démarche atteint son climax ; sa peinture reflète enfin le faiseur d’images, de vérité, la sienne, propre, linéaire, barbouillée ou floue. Elle le transfigure pour le signifier au monde : Me voici devant vous, moi, tel que je suis, tel que la peinture m’a faite, tel que j’ai fait la peinture ! et dans un cri étouffé des tréfonds de son âme il supplie celui qui s’attardera sur son visage : Aime-moi !

Approchez-vous, observez ce cher et malheureux Vincent (oui car vous êtes intimes désormais, ce n’est pas un portrait, c’est une mise à nu !), le voici devant vous, un an avant qu’il ne soit totalement chamboulé du ciboulot à la suite d’une énième farandole arlésienne. Le voyez-vous se dissoudre comme un feu d’artifice ? Lisez-vous l’inquiétude dans son regard ?

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Vincent Van Gogh, Portrait de l’artiste, 1887. Huile sur toile 44cm × 35,5cm. Musée d’Orsay, Paris.

Et que penser de ce fier Gauguin (non, vous ne pouvez pas l’appeler Paul, à voir comme il pose, la distance s’impose) ? Lui qui se toise, et nous jauge de côté, suffisant et méfiant. Il affirme son statut de peintre exotique : se représentant dans son atelier à Paris (juste avant son départ définitif pour Tahiti) un brin dandy, affublé d’un chapeau rond, il nous montre l’une de ses beautés tahitiennes peinte au second plan. Il est le jouisseur du paradis perdu, l’isolé, le cabossé, le nouveau sauvage et ceci est le dernier regard qu’il jette sur nous.

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Paul Gauguin, Portrait de l’artiste (recto) ; Portrait de William Molard (verso) 1893-1894. Huile sur toile double face, 46cm × 38cm. Musée d’Orsay, Paris.

Et voyez Gustave !  L’homme blessé ! C’est comme cela qu’il se montre ! L’esthétique romantique de la toile sert parfaitement la métaphore. L’homme s’endort adossé à un arbre, une plaie au cœur… et l’épée est là posée près de lui. Est-ce cette dernière qui lui a causé cette blessure ? Peut-on la rapprocher de la figure originelle peinte par l’artiste dix ans auparavant ? Comment, vous ne savez pas ?! Il se trouve que la première composition représentait notre bel éphèbe avec de sa compagne Virginie Binet, assoupie contre sa poitrine. Elle fut son grand amour mais elle le quitta, laissant le peintre malheureux. Aussi modifia-t-il la toile et la fit telle qu’elle se présente à vous. Avouez que vous lui déchireriez volontiers la chemise maintenant !

La blessure pour terreau fertile, c’était aussi ça Courbet.

Gustave Courbet, L'homme blessé, 1844-1854. Huile sur toile, 81,5 × 97,5cm. Musée d'Orsay, Paris, France
Gustave Courbet, L’homme blessé, 1844-1854. Huile sur toile, 81,5 × 97,5cm. Musée d’Orsay, Paris, France

Ceci n’est qu’un infime aperçu de l’exposition des « Autoportraits du musée d’Orsay » actuellement au musée des Beaux-Arts de Quimper jusqu’au 2 octobre 2016, avec le soutien exceptionnel du musée d’Orsay. Déambulez à travers les différents mouvements ; le romantisme, le réalisme, l’impressionnisme, le symbolisme, le cloisonnisme, le mouvement nabi, le naturalisme, et embrassez donc ces œuvres-peintres qui s’offrent à vous ! Ils n’attendent que ça !

Et pour accompagner vos rêveries de l’été, plongez-vous dans un ou plusieurs ouvrages des éditions Parkstone International :

Focus Gauguin, BO Monet, Focus Monet, Focus Van Gogh, BO Van Gogh, ESS Van Gogh, BO Degas, AC Impressionism, AC Post-ImpressionismFocus Impressionism, XS Impressionism.

Leïla Vasseur-Lamine

 

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